Les pots de La Chamba : l'argile noire du Tolima
Dernière mise à jour : il y a 8 minutes
Tout commence par la terre. À La Chamba, un petit village du Tolima, l'argile devient depuis des siècles des pots qui accompagnent la vie de tous les jours.

Là bas, il n'y a pas de machine et il n'y a pas de précipitation. Seulement des mains, du feu et du temps. L'argile est extraite tout près, préparée, pétrie, puis montée à la main. Le potier tourne la pièce, la remonte, l'amincit, et lui donne sa courbe. Cela prend des jours, parfois plus, selon la taille.
Vient ensuite le geste qui étonne toujours : le polissage. La pièce est frottée longuement avec une pierre lisse, jusqu'à ce que la surface devienne douce et satinée. Puis le feu. Les pots sont cuits, puis enfumés, et c'est de cette fumée que vient leur noir profond, ce noir qui les rend reconnaissables entre mille. Aucune peinture, aucun émail : juste la terre et la flamme.
Dans chaque courbe reste l'empreinte de celui ou celle qui l'a créé.
Ce savoir-faire appartient aux communautés Pijao, qui le transmettent de génération en génération dans cette région du centre de la Colombie. On y fait des marmites, des plats à four, des cocottes, des assiettes, des tasses. Les mêmes formes depuis des siècles, parce qu'elles fonctionnent.
Et elles fonctionnent vraiment. L'argile monte doucement en température, garde la chaleur et la rend lentement. C'est la cuisson idéale pour un plat mijoté : les saveurs ont le temps de se mêler, rien ne brûle, rien ne se presse. Le pot passe du feu à la table sans changer de récipient, et il tient chaud pendant tout le repas. En Colombie, c'est dans ces pots qu'arrivent les soupes, les haricots, le sancocho du dimanche.
Comme tout est fait à la main, deux pièces ne se ressemblent jamais complètement. Une courbe un peu différente, une nuance de noir plus mate ou plus brillante, la trace d'un doigt restée dans la paroi. C'est ce qui fait qu'on s'attache à un pot plutôt qu'à un autre.
Chez nous, les tailles vont du petit plat individuel à la grande marmite de famille, et les prix suivent, de 35 à 400 €. Les grandes pièces demandent des semaines de travail, et elles se transmettent.

Bien s'en servir
Quelques habitudes simples suffisent. Montez la chaleur progressivement, en commençant doux, pour laisser la terre s'adapter. Utilisez un feu doux à moyen, le four, ou une plaque avec un diffuseur. Lavez à l'eau chaude, avec peu de produit, et laissez sécher à l'air. Avec le temps, le pot se patine, et il cuit encore mieux.
Les voir en boutique
Les pots de La Chamba voyagent depuis longtemps, et ils emportent avec eux un morceau de Colombie. Les nôtres sont à Montmartre, rue des Trois Frères. Venez les soulever, c'est encore la meilleure façon de choisir le vôtre.
Venir les voir
Comptoir Latino, 30 rue des Trois Frères, 75018 Paris, Montmartre.
Métro Abbesses ou Anvers. Du mardi au dimanche, de 13h30 à 20h.



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